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La langue
kurde appartient au groupe linguistique iranien, qui représente une branche des langues
indo-européennes. Proche du persan, elle na aucune proximité avec le turc ou
larabe qui sont respectivement des langues ouralo-altaïque et sémitique.
Actuellement
le kurde se distingue très nettement du persan moderne par la phonologie, la morphologie
et la syntaxe.
Le kurde
aujourdhui comporte plusieurs dialectes et nombreux parlers. On distingue deux
grands dialectes qui ont donné naissance à des langues littéraires : le kurmandji
et le soranî.
Le kurmandji
(dialecte septentrional) est parlé par les Kurdes de Turquie, de Syrie, du nord de
lIrak et de lIran, ainsi que par ceux des ex-républiques soviétiques du
Caucase, ce qui représente près de deux tiers de la population totale Kurde.
Le soranî
(dialecte méridional) est utilisé dans la grande partie du Kurdistan irakien et
iranien. Le nombre de Kurdes parlant ce dialecte correspond à environ un tiers de
lensemble de la population kurde. Cest la langue dune littérature très
riche.
On peut
également noter quenviron 10% des Kurdes de Turquie vivant principalement dans les
régions de Dersim et de Diyarbakir parlant un troisième dialecte appelé le dumilî
ou zaza (beaucoup de Kurde alévis parlent le dialecte zaza). Les
études sur ce dialecte sont en cours depuis quelques années. On ne lui reconnaît pas
encore le statut de langue littéraire.
Privés
dun Etat national et frappés dinterdiction culturelle et linguistique dans
les pays où ils se trouvent, les Kurdes nont jamais eu la possibilité
dunifier leur langue. Aussi ne faut-il pas sétonner que chacun de ces
dialectes laisse place à des parlers locaux qui portent souvent le nom de la province où
ils ont cours.
Une autre
difficulté à laquelle les Kurdes sont confrontés pour communiquer est
lutilisation de trois alphabets différents pour écrire en Kurde : latin,
arabes et cyrillique. Pour les mêmes raisons évoquées plus haut, ils ont dû opter pour
lalphabet utilisé dans les pays où ils se trouvent. Ainsi les Kurdes de Turquie,
mais aussi ceux de Syrie, en raison des liens culturels très denses entre les deux
parties, ont adopté depuis le début des années trente un alphabet latin purement
phonétique qui, semble-t-il, convient mieux au Kurde, suivant en cela les Turcs qui
avaient changé, quelques années auparavant, leur alphabet arabe pour le remplacer par un
alphabet en caractères latins.
C'est en Syrie, sous mandat
français, que des intellectuels kurde fuyant la Turquie kémaliste, se
regroupent autour des frères Celadet et Kamuran Bedir Xan (Dedir Khan) et
mettent au point un alphabet latin adopté de l'alphabet nouvellement adopté en
Turquie. Cet alphabet pris le nom de Hawar (l(appel), nom de la revue dans
laquelle il fut popularisé.
Bien que
la graphie arabe ne convienne guère à une langue indo-européenne les Kurdes dIran
et dIrak ont maintenu leur alphabet arabe adapté au Kurde, alors que ceux des
républiques de lex-URSS utilisaient un alphabet en caractères cyrilliques.
L'alphabet arabe avait été choisi par les Persans, dès le VIIIe siècle,
certainement pour des raisons d'appartenance à la civilisation islamique. Cependant, depuis leffondrement de lURSS, ce dernier alphabet nest
pratiquement plus utilisé. Malgré lexistence dun nombre considérable
duvres littéraires en cyrillique, les populations de ces régions se servent
actuellement de lalphabet latin. D'après CIMADE, 1997
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